Aux urnes, citoyens ! Qu’il y ait une liste ou dix, l’essentiel est de voter.
Turbulences
Nous invitons les passagers à rester assis et attacher leur ceinture ». Toutes celles et ceux qui prennent régulièrement l’avion ont entendu ce message à l’approche… de turbulences. Parfois elles sont légères et d’autres fois ça secoue fort, voire très fort !
Sur un plan politique sécuritaire, financier, social et à certains égard sociétal, nous pourrions dire que nous sommes en pleine zone de turbulences, voire de fortes turbulences comme nous le voyons aussi à l’international.
Dans ces éditoriaux et vous en êtes les témoins, j’essaye autant que possible de prendre un peu de hauteur pour essayer de mieux comprendre et analyser avec vous les enjeux du moment. Les turbulences sont fortes en ce moment car nous faisons face à de forts vents contraires, à la fois structurels et conjoncturels.
Les éléments structurels, c’est que nous sommes tout d’abord au cœur d’une véritable révolution technologique, avec le développement à grande vitesse de l’intelligence artificielle, qui est selon moi une rupture aussi importante que l’ont été la maîtrise du feu, l’invention de la roue, de l’Imprimerie, de la force motrice, de l’électricité, de l’informatique… avec toutes les turbulences, politiques, économiques, sociales ou sociétales que nous avons connu et que nous connaissons. Cet entre-deux fait à la fois peur et il donne de l’espoir. L’autre phénomène structurel, c’est la radicalisation de nos sociétés, on le voit avec la poussée continue des radicalités extrémistes sur un plan politique, religieux, sociétal, qui conjugué aux inégalités sociales croissantes mettent à mal notre idéal républicain du vivre ensemble. Mais c’est aussi cette radicalité à l’international, si bien, ou plutôt si mal incarnée par le président Trump et la brutalité qui le caractérise qui nous interpelle, car il s’aligne sur les postures russes, Iraniennes et autres pour déconstruire l’héritage de la seconde guerre mondiale et faire prévaloir la force sur le droit. Il nous faudra assurément plus et même mieux d’Europe pour faire face à ces enjeux.
Les éléments conjoncturels, c’est que depuis trop longtemps notre état se délite au lieu de se réformer, cet insidieux poison de la dette nous a confortablement installé dans l’idée que tout pourrait continuer « comme avant» avec des efforts à la marge. Aujourd’hui, nous voyons que nous arrivons au bout du bout d’un système. Le redressement de nos comptes publics n’est pas une lubie mais une impérieuse nécessité si nous souhaitons garder notre niveau de vie certes mais aussi notre indépendance et notre liberté.
Le constat est partagé par beaucoup, mais les solutions moins. Et comme je l’ai précédemment développé, pour moi, notre seule solution pour nous en sortir sera un acte non pas de décentralisation, mais un acte territorial, un acte territorial très fort pour sortir du nivellement par le bas qu’on appelle égalitarisme républicain. Confier aux territoires et collectivités locales, des pans entier de politique publiques en matière de logement, d’urbanisme, de culture, de sport, de social, voire d’éducation pour que l’État se recentre sur ces missions régaliennes et essentielles, défense, diplomatie, sécurité, justice… C’est une solution à expérimenter. J’ai déjà développé l’idée que cette re- territorialisation de nombre de politiques publiques devrait se faire en s’appuyant sur le binôme hérité de la révolution française communes/départements, qui allie à la profondeur historique, la proximité pour les communes et la visibilité pour les départements. En relais de ces deux échelons de base nous avons les interco pour les communes, les régions pour les départements.
L’État doit rester le garant des grands équilibres au travers d’une vraie politique de planification et d’aménagement du territoire. Pour moi cette vision, ce message devront être portés au moment de la prochaine élection présidentielle pour tourner une page « Macron » qui a incarné tant d’espérances initiales pour finir avec tant de désillusions ! En l’attente, les prochaines élections municipales ne sont pas neutres, car dans un tel cadre, c’est sur ce socle des nouveaux élus municipaux que reposeront les fondations de la reconstruction de la France, pas plus, pas moins.
En période de turbulences, il y a donc nécessité à se raccrocher à certaines choses et la figure rassurante et appréciée de l’élu de proximité qu’est le maire, des élus de proximité que sont les adjoints et conseillers municipaux est essentielle .
Parce que paradoxalement et plus particulièrement en milieu rural, les maires ont pleinement intégré la dimension du temps long à l’opposé des humeurs médiatiques, des vaguelettes sondagieres , de la vanité des réseaux dit « sociaux » et des coups politiques du national. Ils sont dans le vrai dans le concret et cela nos concitoyens le sentent, le savent !
J’entends la petite musique que vu le nombre de communes où il y aura qu’une liste, ce n’est pas trop démocratique ! Foutaise, s’il n’y a qu’une liste, c’est parce que le bilan des équipes sortante est bon, rien de moins, rien de plus, car les bonnes volonté ont la liberté de se présenter et elles en usent par ailleurs. Ceci est vrai dans les petites communes, mais aussi dans des plus grandes. Par exemple si dans les cités tarnaises d’Aussillon, (6000 habitants), Mazamet (10500 habitants) , St Juery (7000 habitants) , il n’y a qu’une liste c’est aussi et surtout parce que les sortants n’ont certainement pas trop démérité ! Qu’il y ait dans votre commune une, deux, trois, quatre ,cinq , six ou sept listes, au diable les consignes pour les turbulences, un seul mot d’ordre, détachez vos ceintures , levez vous et « Aux urnes, citoyens ! »
Amitiés