Édito
Les États-Unis sont-ils toujours une démocratie ?
Ou plutôt les États-Unis sont-ils toujours aux côtés des démocraties ? S’il s’agit de la première question, nous attendrons le déroulé et les résultats des élections de mi-mandat prévues en fin d’année pour avoir la réponse ; pour la seconde, avec ce deuxième mandat de l’ineffable président Trump, on peut de plus en plus en douter. Dans les relations internationales, en choisissant d’appuyer la force plus que le droit, c’est à un indéniable glissement visant à remettre en cause les acquis de la paix et du nouvel ordre issus de la Seconde Guerre mondiale auquel on assiste. Il peut paraître paradoxal, pour ne pas dire choquant, alors que nous venons de fêter en ce 8 mai le 81ème anniversaire de la Libération, de voir le successeur de Roosevelt déchirer effrontément et mettre en lambeaux ce qui reste d’honneur et de symboles du pays de la liberté. Attaquer, au mépris du droit, les dictatures vénézuélienne et iranienne c’est une chose, laisser le Liban et Gaza s’enfoncer une autre, mais remettre en cause la souveraineté de la démocratie danoise sur le Groenland, AFFLIGEANT ! C’est justement pour éviter que, dans les relations entre États, le plus grand, le plus gros, le plus armé, le plus fort n’attaque plus petit ou plus faible que soi, qu’ont été créées diverses organisations internationales dont les Nations unies, dont le siège est… aux États-Unis, à New York plus précisément. L’ONU, c’est une instance où l’on parle, où l’on échange, où l’on négocie pour régler les différends, trouver les compromis, afin d’éviter autant que possible l’usage de la force. L’Amérique de Trump s’en désintéresse, la méprise, fomente des difficultés et même refuse de la financer ! AFFLIGEANT. Une autre organisation internationale que je connais bien, c’est l’OTAN, et là aussi je dois vous dire que si, il y a quelques années, on nous avait dit que certains des coups les plus durs contre l’Alliance atlantique viendraient de son pivot fondateur, les États-Unis, personne ne l’aurait cru. Au-delà du Groenland et des menaces directes contre le fidèle allié danois, les récentes déclarations menaçantes du président Trump contre les alliés de l’OTAN pour leur soi-disant manque de soutien dans sa guerre contre l’Iran sont terribles, et ce pour deux raisons. En décidant unilatéralement, sans aucune concertation avec ses alliés, d’attaquer le pays persan, il méconnaît l’article 4 du traité qui fait obligation d’échanger entre alliés avant toute action militaire, hormis légitime défense. Pire encore, en fustigeant la France, l’Allemagne, le Canada, le Royaume-Uni et les autres membres de l’OTAN de ne pas le soutenir dans son action unilatérale et offensive contre l’Iran, il bafoue le caractère multilatéral et défensif de l’Alliance atlantique. AFFLIGEANT. Pour moi, peut-être le plus terrible dans ces postures, c’est assurément celle sur la guerre en Ukraine. Mettre sur un quasi même pied agresseur et agressé, c’est consternant. Après avoir redonné du crédit et une certaine légitimité internationale à Poutine en le recevant en grande pompe en Alaska, en laissant quelques amis proches contourner les sanctions internationales pour un affairisme décomplexé avec le régime russe, en restreignant les livraisons d’armes, y compris défensives, à l’Ukraine, en humiliant le courageux président Zelensky, Trump non seulement dévoie la traditionnelle position américaine mais, de fait, il prépare les conditions pour de nouveaux conflits. Si vous me permettez l’expression, la guerre en Ukraine, dorénavant plus longue que la Première Guerre mondiale, est la mère de toutes les batailles, le théâtre sur lequel se joue non seulement l’avenir et l’indépendance de ce pays, mais aussi et surtout la force du droit et la solidité et le devenir des démocraties. Une fois de plus, je le réaffirme, si nous n’arrêtons pas Poutine avant en Ukraine, et que Trump vacille sur les principes de soutien mutuel au sein de l’Alliance, le dictateur russe attaquera les Pays baltes car ceux-ci sont faibles démographiquement, économiquement et militairement parlant. Mais à la différence de l’Ukraine, ils sont membres de l’OTAN et de l’Europe ; si nous ne les défendons pas, ce sera la fin de l’Alliance atlantique et la fin de l’Union européenne. AFFLIGEANT. Face à cela, face à ces formes de réminiscence du passé, il n’y a que deux postures : subir ou agir. Agir, la France a décidé de le faire diplomatiquement d’abord, car c’est notre rôle historique, notre devoir pratique, notre intérêt stratégique. La France a décidé de le faire militairement aussi, car c’est notre devoir civique, notre vouloir économique, notre nécessité stratégique. D’ici quelques jours, nous allons commencer les échanges sur le futur texte d’actualisation de la Loi de Programmation Militaire, et dans ce cadre, j’aurai l’occasion de faire des propositions fortes pour tenir compte non seulement du nouveau cadre de conflictualité, mais aussi de nos intérêts économiques et de notre singulière position historique, politique et géostratégique. « Si vis pacem, para bellum ». Si tu veux la paix, prépare la guerre. Deux mille ans plus tard, c’est encore plus vrai. Amitiés. Philippe FOLLIOT.
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