Lors de l’examen de l’actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, les sénateurs Philippe Folliot et François Bonneau ont déposé conjointement 18 amendements en séance publique. Fruit direct de leur visite du front ukrainien, cette démarche vise à préparer nos Armées aux nouveaux enjeux du champ de bataille avec un maître mot : « dépenser plus certes, mais surtout dépenser mieux ». Sur ces 18 propositions, 10 ont été rejetées, 2 retirées volontairement suite à des engagements du Gouvernement, et 6 ont été définitivement adoptées.
Voici les 6 avancées concrètes obtenues, dans l’ordre du texte législatif :
1. Reconnaissance des drones d’interception (n°67)
Cet amendement inscrit les drones d’interception comme une catégorie capacitaire à part entière, distincte des systèmes anti-drones réutilisables. Il fixe des objectifs de commandes chiffrés pour 2030 et 2035, aligne leur financement industriel sur celui des munitions et précise qu’ils n’ont pas nécessairement vocation à être à usage unique.
2. Déconcentration des moyens critiques (n°78)
L’amendement impose la nécessité stratégique de répartir géographiquement les équipements majeurs du Ministère des Armées. L’objectif est de corriger une vulnérabilité majeure : éviter qu’un adversaire puisse paralyser des pans entiers de notre défense en frappant un seul site où tout serait regroupé.
3. Production en série des drones intercepteurs (n°75)
Devenus omniprésents en Ukraine et capables de neutraliser des blindés, ces drones voient leur planification renforcée. Le texte inscrit l’amplification des capacités dès 2030 et leur production en série d’ici 2035, garantissant une visibilité de commande essentielle pour nos industriels.
4. Augmentation des drones tactiques (n°76) Jugeant la trajectoire initiale de 40 systèmes à horizon 2035 insuffisante, les sénateurs et la Commission de la Défense ont fait adopter un rehaussement massif de la dotation : l’objectif est d’atteindre au moins 35 systèmes dès 2030, pour cibler ensuite au moins 75 systèmes en 2035.
5. Rationalisation budgétaire sur le porte-avions (n°80)
Avec l’accord de la Commission et du Gouvernement, cet amendement supprime l’étude de faisabilité d’une catapulte électromagnétique 100 % souveraine. La France ne construisant qu’un porte-avions tous les 50 ans, cette étude était inutilement coûteuse alors que nous maîtrisons la capacité d’intégrer rapidement la technologie de nos fournisseurs américains.
6. Création du label « Drone Souverain » (n°77)
Soutenu par le groupe Union Centriste, cet amendement définit légalement le « drone souverain » et impose de le privilégier dans la commande publique. Pour obtenir ce label, 5 composants clés doivent être produits au sein de l’UE ou de l’AELE : la propulsion, la structure, les systèmes embarqués (navigation/calculateurs), les liaisons de données et les logiciels de contrôle (dont l’IA).
À travers l’adoption de ces 6 amendements, Philippe Folliot et François Bonneau réussissent à inscrire les réalités technologiques du front ukrainien au cœur de la loi française. Une avancée concrète qui permet à nos armées d’anticiper les conflits de demain tout en garantissant une gestion rigoureuse et souveraine des deniers publics.