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LPM 2024-2030 : Le sénateur Philippe Folliot réclame une refondation stratégique

En séance publique lors de la discussion générale sur l’actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030.

Lors du débat sur l’actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, le sénateur Philippe Folliot a prononcé une allocution marquante. De retour d’une mission de terrain en Ukraine, il appelle à dépasser la simple révision budgétaire pour engager une véritable refondation de l’outil de défense français.

Montant pour la septième fois à la tribune sur ce sujet depuis 2003, Philippe Folliot a d’emblée rappelé la dimension humaine fondamentale qui sous-tend les arbitrages budgétaires : « Une loi de programmation militaire, ce n’est pas qu’une addition de chiffres, une addition de moyens. Derrière tout ceci, il y a des femmes et des hommes qui font le choix du métier des armes avec tout ce que cela comporte, c’est-à-dire le sacrifice suprême. Et ceci mérite le respect. » 

Le choc de la réalité du terrain ukrainien

De retour d’un déplacement à Kiev, à Krivyi Rih, à Zaporijia et Kharkiv aux côtés de son collègue et ami François Bonneau, le sénateur a partagé son constat direct : « La guerre qui se joue en Ukraine aujourd’hui n’a rien à voir avec celle qui se jouait en 2023, en 2024, en 2025. »

Un seul chiffre suffit à mesurer l’ampleur de cette rupture : zéro drone produit par l’Ukraine en 2023 ; 9 millions prévus pour 2026. Les Russes suivent la même trajectoire. Face à ce changement stratégique majeur, Philippe Folliot est direct : une simple « actualisation » de la LPM ne suffit pas. C’est une refondation qu’il appelle de ses vœux.

De l’actualisation à la refondation industrielle

Face à la menace accrue d’une agression russe contre un État membre de l’Alliance atlantique ou de l’Union européenne, probabilité jugée « plus que jamais très forte », Philippe Folliot conteste la pertinence d’une simple « actualisation » de la LPM. Le contexte géopolitique global impose une préparation rigoureuse à un affrontement entre démocraties et empires.

« Face finalement à ce qui se joue face au boucher de Moscou, à l’inconséquent de Washington, au sphinx de Pékin, eh bien nous devons nous préparer parce qu’il s’agit de la guerre, de la guerre entre les démocraties et les empires avec tout ce que cela représente. »

Le sénateur annonce le dépôt de plusieurs amendements visant à réorienter l’effort national en matière de drones. L’objectif défendu n’est pas le simple achat sur étagère ou la production brute, mais la structuration pérenne d’une capacité industrielle souveraine, apte à répondre aux besoins immédiats en cas de conflit.

La revanche de l’artisan sur l’industriel

L’analyse des théâtres d’opérations contemporains met en lumière des succès tactiques majeurs obtenus hors des cadres industriels classiques. C’est le cas de l’Ukraine qui, sans marine de guerre traditionnelle, contrôle aujourd’hui la moitié de la mer Noire grâce à l’usage de drones marins.

Philippe Folliot invite à rompre avec l’obsession exclusive pour les grands programmes pluriannuels lourds et technologiquement figés. Le terrain consacre aujourd’hui « la revanche de l’artisan sur l’industriel », privilégiant l’agilité, l’adaptation rapide et l’efficacité de solutions modulaires et réactives. Sa conclusion résonne comme une directive budgétaire et stratégique claire : face à ces mutations, l’enjeu crucial pour la défense nationale est désormais de « dépenser mieux autant que de dépenser plus ».