Skip to content

Philippe Folliot défend une approche « pragmatique » pour l’exploitation des hydrocarbures en outre-mer

Paris, le 29 janvier – Lors de la séance publique du 29 janvier 2026, le Sénateur du Tarn Philippe Folliot (Union Centriste) a pris la parole pour soutenir la proposition de loi de son collègue Georges Patient, visant à autoriser l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures dans les territoires ultramarins. Une intervention franche et argumentée, où il a plaidé pour une politique énergétique « ouverte, intelligente et pragmatique », en opposition à ce qu’il qualifie de « logique écologique sectaire, stupide et dogmatique ».

Une proposition de loi pour plus de cohérence énergétique

Philippe Folliot a commencé son intervention en saluant l’initiative courageuse de Georges Patient, Sénateur de Guyane. Il a souligné la nécessité de sortir d’une approche purement idéologique pour adopter une vision plus réaliste et équilibrée des enjeux énergétiques.

« Il est temps de sortir d’une logique de politique écologique sectaire, stupide et dogmatique, pour aller vers une approche environnementale ouverte, intelligente et pragmatique. C’est le sens de cette proposition de loi. » Philippe Folliot, Sénateur du Tarn

Une loi de 2017 « hypocrite »

Le Sénateur a rappelé qu’en 2017, il avait voté en faveur du projet de loi Hulot, qui interdisait l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures en France. Cependant, il estime aujourd’hui que cette loi est « hypocrite », car elle n’interdit pas l’importation de ces mêmes hydrocarbures.

« Le texte qui a été voté en 2017 est une loi hypocrite, qui interdit l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures dans notre pays, mais non leur importation. La logique aurait voulu que celle-ci soit également interdite, pour que le système soit cohérent. »

Pour Philippe Folliot, cette incohérence doit être corrigée. Il soutient que l’objectif de décarbonation de l’économie française doit être poursuivi, mais avec intelligence et pragmatisme, en tenant compte des réalités économiques et géostratégiques.

Un déficit commercial alarmant lié aux hydrocarbures

Le Sénateur a mis en avant un chiffre préoccupant : le déficit de la balance commerciale française atteint 81 milliards d’euros par an, dont 58 milliards sont liés aux importations d’hydrocarbures. Une situation qu’il juge « intenable »pour les finances du pays.

« Monsieur le ministre, le déficit de notre balance commerciale atteint chaque année 81 milliards d’euros, dont 58 milliards d’euros sont liés aux importations d’hydrocarbures. Il faudrait tout de même s’interroger sur ce point, vu la situation financière de notre pays ! Est-ce que nous n’aurions pas intérêt à trouver des solutions qui permettraient de résoudre ce déficit ? »

Une dépendance aux importations problématique

Philippe Folliot a également critiqué la dépendance aux importations pour les énergies renouvelables. Il a souligné que 98 % des panneaux photovoltaïques installés en Guyane viennent de Chine, tout comme les éoliennes. Une situation qui, selon lui, ne résout pas le problème de la souveraineté énergétique.

« Certes, vous formulez des propositions, y compris pour la Guyane, où vous voulez développer les énergies renouvelables. Sur le principe, nous sommes d’accord ; mais 98 % des panneaux photovoltaïques que vous installerez en Guyane viendront de Chine ! Pour les éoliennes, c’est la même chose. »

Un enjeu géostratégique majeur

Le Sénateur a insisté sur l’urgence d’agir dans un contexte géopolitique tendu. Il a évoqué les risques de blocage du détroit d’Ormuz, une zone stratégique pour le transport des hydrocarbures, et les conséquences potentielles pour la France.

« Nous vivons dans un monde qui change, où les tensions sont fortes et où les enjeux liés à l’énergie sont importants. Dans quelques jours, voire quelques heures, le détroit d’Ormuz sera peut-être bloqué, avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer. Mais dans notre pays, nous continuons à faire comme si de rien n’était… »

La Guyane, un territoire clé

Philippe Folliot a également mis en lumière les enjeux spécifiques de la Guyane. Lors d’une mission d’information de la commission des affaires étrangères en Amérique du Sud, il a constaté que le Guyana, voisin de la Guyane française, connaît un essor économique fulgurant grâce à l’exploitation pétrolière.

« Alors que le Guyana était le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud, dans cinq ans, son PIB par habitant se situera entre celui de la Suisse et celui des Émirats arabes unis. Telle est la réalité à laquelle sont confrontés nos collègues et nos amis de Guyane. »

Il a souligné que la Guyane française pourrait également disposer de ressources pétrolières, comme ses voisins le Guyana, le Suriname et le Brésil.

« Pourquoi n’y aurait-il pas de pétrole en Guyane, alors qu’il y en a au Guyana, au Suriname et dans l’Amapá au Brésil ? Mais il est clair que, si l’on ne cherche pas, l’on ne trouvera pas. »

Juan de Nova, future « mer du Nord du XXIe siècle »

Le Sénateur a également évoqué Juan de Nova, une île française située dans le canal du Mozambique, où les fonds marins recèlent d’immenses réserves de gaz. Une zone qu’il qualifie de « mer du Nord du XXIe siècle », soulignant son potentiel stratégique pour la France.

« Cette situation existe aussi dans d’autres territoires, notamment à Juan de Nova, dans le canal du Mozambique, dont les fonds recèlent d’immenses réserves de gaz, de sorte que ce secteur sera la mer du Nord du XXIe siècle. »

Un appel au « bon sens paysan »

Pour conclure, Philippe Folliot a cité un mot occitan« lo biaís », qui signifie « le bon sens paysan ». Une référence à ses racines tarnaises et à une approche terre-à-terre des enjeux énergétiques.

« Je terminerai en citant un mot occitan, bien de chez nous : lo biaís, c’est-à-dire le bon sens paysan. Mon cher collègue Georges Patient, cette proposition de loi est empreinte de ce bon sens. C’est pourquoi les membres du groupe Union Centriste la voteront avec conviction. » Lien vers la vidéo : 

https://videos.senat.fr/video.5669656_697b5af966d66.seance-publique-du-29-janvier-2026-apres-midi?timecode=7364000 avec le minutage précis pour que la vidéo commence à la prise de parole du Sénateur