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Philippe Folliot : « Quand on touche à la vie, il faut avoir la main tremblante »

Paris, le 20 janvier 2026 – Lors de la discussion générale commune sur les propositions de loi relatives au droit à l’aide à mourir et à l’égal accès aux soins palliatifs, le Sénateur du Tarn Philippe Folliot (Union Centriste) a livré une intervention profonde et personnelle, interrogeant le rapport de notre société à la mort et défendant une approche prudente et respectueuse de la vie. Une prise de parole où il a rappelé que « quand on touche à l’essentiel, quand on touche au sacré, quand on touche à la vie, il faut avoir la main tremblante », citant Montesquieu.

La mort, un sujet « aseptisé » par la société moderne

Philippe Folliot a ouvert son intervention en soulignant l’importance fondamentale du débat, qui « touche ce qu’il y a de plus profond et de plus personnel en chacun de nous ». Pour lui, la société contemporaine a aseptisé la mort, la reléguant loin des foyers familiaux, contrairement à une époque où « plusieurs générations vivaient sous le même toit ».

« Historiquement, la mort faisait partie de la vie, car plusieurs générations vivaient sous le même toit familial, ce qui n’est plus que très rarement le cas aujourd’hui. »

Aujourd’hui, les personnes âgées vivent majoritairement dans des établissements spécialisés, une évolution qui, selon le Sénateur, « ne va pas forcément dans le bon sens ».

« Compte tenu de l’évolution de notre société, les personnes âgées vivent désormais le plus souvent dans des établissements spécialisés. Les éléments contenus dans ce texte visent à permettre de tenir compte des évolutions de la société. Celles-ci vont-elles dans le bon sens ? Je fais partie de ceux qui en doutent. »

Un « droit à donner la mort » ? « Remettre en cause des principes essentiels »

Philippe Folliot a exprimé ses réserves profondes face à la proposition de loi sur le droit à l’aide à mourir, estimant qu’elle « remet en cause un certain nombre de principes » auxquels il est très attaché.

« Écrire dans la loi que quelqu’un aurait légalement le droit de donner la mort, même avec le consentement de celui qui va la recevoir, c’est somme toute remettre en cause un certain nombre de principes et d’éléments auxquels certains d’entre nous sont très attachés. »

Pour lui, le droit à la vie est un élément essentiel, tout comme celui d’avoir « la fin de vie la plus digne qui soit ». Une dignité qu’il lie davantage à l’accompagnement et aux soins palliatifs qu’à une légalisation de l’aide à mourir.

« Le droit à la vie est un élément essentiel, comme celui d’avoir la fin de vie la plus digne qui soit. Tel est le sens du travail que nous allons effectuer au travers de la proposition de loi visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs. »

Montesquieu : « Il ne faut toucher aux lois que d’une main tremblante »

Citant Montesquieu, Philippe Folliot a rappelé la nécessité d’une extrême prudence lorsqu’il s’agit de légiférer sur des sujets aussi fondamentaux que la vie et la mort.

« Enfin, comme le disait Montesquieu, il ne faut toucher aux lois que d’une main tremblante. En tout état de cause, quand on touche à l’essentiel, quand on touche au sacré, quand on touche à la vie, il faut avoir la main tremblante. »

Une référence philosophique qui renforce son opposition à la proposition de loi sur l’aide à mourir.

« Pour ma part, je ne voterai pas ce texte. »

Lien vers la vidéo : 

https://videos.senat.fr/video.5656191_696f6a46a1b8e.seance-publique-du-20-janvier-2026-apres-midi?timecode=19194000