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Clipperton : La souveraineté française à l’épreuve du Pacifique

Intervention de Philippe Folliot au JT de 20h de TF1 : un éclairage nécessaire sur l’atoll de La Passion-Clipperton, territoire français stratégique du Pacifique aujourd’hui menacé par la pêche illégale et l'abandon de souveraineté.

Un reportage du JT de 20h de TF1 a mis en lumière la situation de l’atoll de La Passion-Clipperton. Le sénateur Philippe Folliot y expose les enjeux de ce territoire : entre pillage des ressources et pollution, cette possession française du Pacifique Nord illustre les difficultés d’exercer une surveillance effective sur nos domaines les plus lointains.

Un géant maritime face à l’absence de surveillance

Situé à 1 200 km des côtes mexicaines, Clipperton est un atoll de 6 km². Pourtant, sa Zone Économique Exclusive (ZEE) s’étend sur 436 000 km². À titre de comparaison, ce domaine maritime est plus vaste que la France hexagonale (345 000 km²).

Comme l’expliquent Philippe Folliot et le professeur Christian Jost dans l’ouvrage La Passion-Clipperton, l’île sacrifiée (Éd. La Bibliotèca), l’absence de présence humaine permanente sur l’atoll rend complexe le contrôle de cet espace, le transformant de fait en une zone difficilement régulée.

Un constat de pillage des ressources

Les séquences diffusées sur TF1 dressent un bilan précis. « On se fait piller les ressources que l’on a », explique l’élu. On estime qu’un millier de tonnes de thon est prélevé illégalement chaque année par des senneurs étrangers. Ces navires industriels opèrent en dehors des cadres de gestion et de conservation que la France souhaite appliquer dans ses eaux.

Au-delà de l’enjeu économique, la situation environnementale est préoccupante : des colonies d’oiseaux marins nichent au milieu de déchets plastiques apportés par les courants, et l’isolement de l’atoll en fait un point de passage potentiel pour les trafics de stupéfiants transnationaux.

Un enjeu géopolitique concret

La question de la souveraineté sur Clipperton s’inscrit pleinement dans l’actualité internationale. Dans une tribune publiée dans le JDD le 18 février 2025, intitulée « L’atoll français de La Passion-Clipperton doit-il redouter l’appétit de Trump ? », Philippe Folliot souligne que dans un contexte de compétition mondiale pour les ressources et les positions stratégiques, le manque de présence physique sur un territoire peut susciter des convoitises.

Alors que l’intérêt de la présidence américaine s’est manifesté pour des territoires comme le Groenland, le sénateur rappelle que la nature a horreur du vide. Le droit international, confirmé par un arbitrage de 1931, établit la souveraineté pleine et entière de la France. Toutefois, la légitimité juridique gagne à être soutenue par une présence concrète ; les passages ponctuels de la Marine nationale ne permettent pas une surveillance constante de cette ZEE immense.

Vers une base scientifique permanente

Pour assurer une gestion durable de Clipperton, le sénateur préconise depuis plusieurs années l’installation d’une station scientifique internationale. Ce projet permettrait d’étudier le climat et la biodiversité marine tout en marquant une présence française continue.

Le financement d’une telle structure pourrait être assuré par une meilleure valorisation des droits de pêche dans la zone. L’objectif est de transformer cet atoll isolé en un pôle d’excellence scientifique, garantissant ainsi la préservation de ce maillon stratégique de l’archipel maritime français.

Retrouvez l’intégralité de ce reportage et l’intervention de Philippe Folliot en vidéo sur sa chaîne YouTube : https://youtu.be/wrtteFqJurs?si=ERzNuntjK3W_fPdV