La souveraineté ne se décrète pas dans des allocutions, elle se construit par des actes. Alors que les tensions géopolitiques mondiales s’intensifient, le sénateur Philippe Folliot signe une tribune sans concession dans les colonnes du JDD. Il y dénonce l’impasse stratégique dans laquelle la France s’est enfermée par un confort intellectuel qui occulte désormais les réalités les plus brutales de notre dépendance énergétique.
Dans cette tribune publiée le 30 avril 2026, le sénateur insiste sur le prix exorbitant de nos contradictions. Le constat financier est le premier témoin de cette incohérence économique majeure puisque, sur quatre-vingt-un milliards d’euros de déficit commercial, cinquante-huit milliards sont directement liés à nos importations d’énergies fossiles. Si la France a fait de l’électrification une doctrine, elle continue de déléguer à d’autres sa sécurité énergétique et subit de plein fouet les crises mondiales pour faire tourner son économie.
Comme l’exprime Philippe Folliot, cette situation découle d’une illusion que l’on peut qualifier d’écologie de façade. Depuis la loi de 2017, notre pays s’interdit d’explorer ses propres ressources, érigeant en vertu ce qui n’est au fond qu’un renoncement coupable. Nous refusons de produire chez nous, sous des normes pourtant parmi les plus exigeantes au monde, pour acheter à prix d’or ce que d’autres extraient sans scrupules à l’autre bout de la planète. Cette morale d’importation nous appauvrit tout en délocalisant notre responsabilité environnementale.
« Voilà vingt-cinq ans que je le dis, que je l’écris, que j’alerte dans l’indifférence polie des gouvernements successifs. Aujourd’hui, la réalité ne prévient plus. Elle frappe. »
L’effacement de la puissance maritime française aggrave ce constat stratégique. De la Guyane au canal du Mozambique, la France possède le premier domaine maritime mondial, mais elle regarde ses voisins s’enrichir grâce à leurs ressources en mer pendant qu’elle abandonne ses propres permis. Le sénateur rappelle avec force cette vérité fondamentale : « Une puissance absente n’est plus une puissance ».
Vouloir réduire la dépendance aux énergies fossiles est une nécessité absolue, mais refuser d’exploiter nos propres richesses tant qu’elles structurent encore notre économie relève de l’inconscience politique. La transition énergétique doit être responsable, autonome et réaliste. L’indépendance ne s’improvise pas, elle se décide par des actes.
« Quel État renonce volontairement à ses propres richesses pendant que ses voisins s’en emparent ? »
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