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Philippe Folliot plaide pour une « solution communale » en Nouvelle-Calédonie : « Le Caillou est un porte-avions naturel pour la France »

Paris, le 24 février 2026 – Lors de la séance publique consacrée au projet de loi constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie, le Sénateur du Tarn Philippe Folliot (Union Centriste) a livré une intervention engagée et pragmatique, appelant à dépasser les clivages politiques pour construire un « avenir commun » à partir des communes, socle de la démocratie locale. Une prise de parole où il a souligné l’importance stratégique du territoire pour la France, tout en alertant sur les risques d’ingérences étrangères et les convoitises que suscitent ses richesses.

La Nouvelle-Calédonie, bien plus qu’une carte postale

Pour Philippe Folliot, la Nouvelle-Calédonie ne se résume pas à ses 18 500 km² de terres ou à sa zone économique exclusive (ZEE) de 1,25 million de km². C’est avant tout « l’ensemble des habitants qui peuplent ce territoire », qu’ils y vivent « depuis la nuit des temps » ou depuis plus récemment.

« La Nouvelle-Calédonie, ce n’est pas seulement un territoire de 18 500 kilomètres carrés, une ZEE de 1,25 million de kilomètres carrés, des images de carte postale ou une biodiversité exceptionnelle. La Nouvelle-Calédonie, c’est avant tout l’ensemble des habitants qui peuplent ce territoire. » Philippe Folliot, Sénateur du Tarn

Le Sénateur a également tenu à nuancer une vision binaire du territoire, souvent perçu depuis l’Hexagone comme divisé en « deux blocs irréconciliables ». Pour lui, « l’immense majorité des habitants » aspire à « vivre ensemble et construire un projet d’avenir en commun ».

Un atout stratégique pour la France dans le Pacifique

Philippe Folliot a insisté sur la singularité géopolitique de la Nouvelle-Calédonie, qui représente « la France – et l’Europe – dans le Pacifique ». Une position clé, alors que « une large part des affaires du monde se joueront à l’avenir dans cette zone géographique ».

« Sachant qu’une large part des affaires du monde se joueront à l’avenir dans cette zone géographique, ce territoire est un atout majeur pour notre pays, qu’il convient de préserver et de valoriser. »

Un « porte-avions naturel » à protéger

Le Sénateur a rappelé l’importance militaire du territoire, qualifiant le Caillou de « porte-avions naturel » pour la France. Une métaphore forte, alors que le pays investit dans de nouveaux équipements de défense (comme les porte-avions).

« À l’heure où l’on parle de nouveaux porte-avions, le Caillou nous offre un porte-avions naturel. »

Mais cette position stratégique expose la Nouvelle-Calédonie à des risques d’ingérences étrangères, comme l’a souligné Philippe Folliot, évoquant les convoitises que suscitent ses richesses naturelles.

« Ne soyons pas naïfs, la Nouvelle-Calédonie suscite des convoitises. Dès lors, nous nous exposons à un risque d’ingérences étrangères, comme nous avons pu le constater à de nombreuses reprises. »

Une mission sur place : « J’ai été marqué par cette visite »

Philippe Folliot a partagé son expérience récente en Nouvelle-Calédonie, où il s’est rendu « une dizaine de jours cet été », accompagné des Sénateurs Georges Naturel et Sébastien Pla. Une visite qui l’a profondément marqué, notamment par les échanges avec les élus locaux, responsables économiques et acteurs sociaux.

« J’ai eu l’honneur de m’y rendre une dizaine de jours cet été, en compagnie de mes collègues Georges Naturel et Sebastien Pla. Je veux dire combien j’ai été marqué par cette visite et par les échanges que nous avons pu avoir. »

Le Sénateur a également souligné les spécificités culturelles de l’Océanie, où « le rapport à la parole et au temps diffère à bien des égards du prisme hexagonal ou européen ».

Vers une solution communale ? « Réfléchissons à un avenir commun »

Face à l’« impasse » actuelle (terme emprunté à son collègue Olivier Bitz), Philippe Folliot a proposé une voie de sortie pragmatique : s’appuyer sur les communes, où « les élus, qu’ils soient ou non indépendantistes, travaillent ensemble ».

« Somme toute, la meilleure option ne serait-elle pas de s’appuyer, à l’avenir, sur les communes ? […] À l’échelon de base qu’est le conseil municipal, les élus, qu’ils soient ou non indépendantistes, travaillent ensemble. »

Des intercommunalités calquées sur les aires coutumières ?

Le Sénateur a suggéré de structurer les intercommunalités en fonction des huit aires coutumières du territoire, afin de « consolider la démocratie locale ».

« Pourquoi ne pas caler les intercommunalités sur les huit aires coutumières du pays, afin de consolider, sur cette base, la démocratie locale ? »

Une proposition qui prend tout son sens au Sénat« chambre des territoires », où les élus représentent les communes.

« S’il y a bien un endroit où cette perspective peut trouver tout son sens, c’est bien au Sénat, car nous représentons les communes. »

Un vote en suspens : « J’écouterai avec attention Georges Naturel »

Philippe Folliot a indiqué qu’il déterminerait son vote après avoir écouté l’intervention de son collègue Georges Naturel, tout en reconnaissant que « la probabilité que ce texte soit in fine adopté est très faible, pour ne pas dire quasi nulle ».

« Cela étant, eu égard à la situation telle qu’elle est, ne soyons pas naïfs : nous savons que la probabilité que ce texte soit in fine adopté est très faible, pour ne pas dire quasi nulle. »

Le Sénateur a appelé à se projeter vers une solution pérenne, au-delà des élections provinciales prévues en juin 2026, qui mettront fin à un mandat exceptionnel de sept ans pour les conseillers provinciaux actuels.

Lien vers la vidéo : https://videos.senat.fr/video.5701804_699d988e177b6.seance-publique-du-24-fevrier-2026-apres-midi?timecode=11512000